Entretien (extraits) avec Carole Begeot

Extraits d’un entretien téléphonique mené avec  Carole Begeot

Carole Begeot, Palynologue

Laboratoire Chrono-environnement de l’Université de Franche-Comté, France

Chercheuse en palynologie-paléoécologie, Carole Begeot est maitre de conférences en biologie et écologie végétale. Elle étudie la réponse de la végétation aux changements climatiques des 15000 dernières années et plus particulièrement de la période tardiglaciaire sur les massifs des Vosges et du Jura. Elle analyse les modifications du couvert végétal en lien avec les activités anthropiques et l’incidence sur la gestion des écosystèmes.

 

AT: Bien que l’évènement  climatique du Dryas Récent soit nommé d’après la plante dryas octopetala, rares sont les études de palynologie qui retrouve la trace de ces végétaux lors de prélèvement sur le terrain ? Comment l’expliquez vous ?

CB:

Le pollen des dryas octopetala n’est pas évident à retrouver dans les sédiments anciens car cette plante pollinise peu.

Elle apparait donc, rarement dans les diagrammes polliniques. Dans le cadre de ma thèse, j’ai réalisé des étagements altitudinaux de la végétation au cours du Tardiglaciaire : période qui englobe les trois Dryas, évènements de récurrence glaciaire entrecoupés de phases plus chaudes. Pour cela, j’ai tamisé les sédiments d’un grand nombre lacs du Jura afin de retrouver des restes de végétaux qui se sont developpés au cours de cette période. C’est seulement dans le lac de Bellefontaine que j’ai pu observer des restes de feuilles de dryas octopetala .

Ces feuilles étaient très bien conservées. Elles ont été datées d’une période que l’on qualifie de Dryas moyen, qui, comme le Dryas Récent, correspond à un évènement  de refroidissement abrupt.

La feuille des dryas octopetala se reconnaît bien grâce à sa forme caractéristique :elle est toute petite, aux pourtours crénelés comme une feuille de chêne.

Ses bords s’enroulent. Ils étaient totalement recroquevillés, sur ces feuilles vieilles, de près de 14000 ans.

Leur couleur noire est due aux processus de fossilisation.

Extraits d’un entretien mené avec Carole Begeot le 27 mai 2015

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